Retour sur : Tactics Ogre

Lorsque l’univers fut créé, en 1972, il y eu Pong. Puis, après s’être renvoyé une balle carrée pendant plusieurs années, les joueurs de Néandertal finirent par se lasser. Comme l’humanité, pour ne pas disparaître, le jeu vidéo était voué à progresser. Il fut alors inventé un nouveau genre de jeu, inspiré de cette activité caractéristique des nations évoluées : la guerre.

Les jeux de guerre, ou wargame, remontent donc aux origines de notre loisir préféré, aux côtés des shoot et autres jeux de plateforme. Pratiqués dans le monde réel par des maniaques capables d’ingérer des centaines de pages de règles pour recréer dans leur salon la campagne d’Afrique à l’aide de cartes, de pions, de figurines ou de tout objet leur passant sous la main, et au moins du triple de dés, si possible de formes et de couleurs différentes, ces jeux sont affreusement (ou délicieusement, selon votre degré de perversité) compliqués à jouer. En les adaptant, l’ordinateur allait donc enfin pouvoir rendre service à l’humanité – avant qu’au cinéma WarGames (1983) puis Terminator (1984, oui, cela ne nous rajeunit pas) ne fassent prendre conscience à tous du danger de l’informatique (et des robots (et des adolescents)).

Années 80. Le succès de Donjons & Dragons contribue à populariser l’œuvre de Tolkien auprès des jeunes. Warhammer dépoussière les wargames traditionnels. Les jeunes veulent de la fantasy, du jeu de rôle, des affrontements rapides. Bref, ils ne le savent pas encore, mais ils veulent des jeux de rôle tactiques, ou Tactical RPG comme on dit en bon français. Pour obtenir satisfaction, ils devront attendre les années 90.

Des petits personnages mignons, des cases colorées, des icônes et des chiffres : le bonheur, enfin !

Tactical of duty

Tactical car on parle d’affrontements relativement modestes, généralement une ou deux dizaines de protagonistes, parfois trois, rarement plus, par opposition à des armées entières. RPG car on va jouer des équipes composées de caractères que l’on va faire évoluer, ce qui implique que les combats s’inscrivent dans une histoire.

Il n’est pas évident de trouver le bon équilibre entre ces différents éléments. Pour s’intéresser à leur sort, il faut que les personnages soient attachants, et que le scénario soit suffisamment bon pour donner envie de suivre leurs aventures. Leur progression doit évidemment se ressentir dans les combats pour récompenser le joueur et lui donner envie de persévérer, sans pour autant lui donner des avantages trop importants qui feraient perdre tout intérêt à l’expérience.

Le jeu sur lequel nous allons nous attarder aujourd’hui, Tactics Ogre, est une petite merveille qui réussit un sans-faute sur tous les plans. Dérivé de la série Ogre Battle, démarrée en 1995 sur Super Nintendo, j’avais eu l’occasion d’y jouer à l’époque (fin 90 ou début 2000, ça commence à dater) sur Game Boy Advance et en garde un excellent souvenir.

Square Enix l’a réédité en 2010 sur PSP, la première console portable de Sony, et comme d’habitude a fait de l’excellent travail. Je viens d’y consacrer une vingtaine d’heure, et vais maintenant vous expliquer pourquoi je ne suis pas près de lâcher l’affaire.

Un joli coffret tout simple avec en plus du jeu un vrai manuel en papier, quelques thèmes musicaux sur mini-CD et un livret reprenant les visuels des personnages principaux : voilà une édition soignée qui donne tout de suite envie de démarrer l’aventure

Tactical of the sea

L’histoire se déroule sur une île partagée entre différents clans se livrant bataille pour le pouvoir. On prend rapidement le contrôle d’une petite équipe pour livrer un premier combat sur un terrain représenté en 3D isométrique, suivi d’un second, le tout rythmé par des petites scènes dans le même style graphique et des déplacements sur une grande carte représentant l’intégralité du monde. C’est rapide, presque trop car il est difficile d’appréhender tout de suite les enjeux entre les différentes forces en présence, mais a l’avantage de ne pas noyer le joueur sous des montagnes de dialogues soporifiques et d’entrer directement dans le vif du sujet.

En combat, il est difficile au début de bien comprendre les situations, la 3D isométrique étant bien réalisée mais ne permettant pas de faire pivoter la scène pour l’examiner sous différents angles. Il est heureusement possible de passer en vue 2D pour avoir une vision globale du champ de bataille, au détriment des différents niveaux de hauteur. Avec un peu de pratique, on s’y fait très bien.

Le gameplay est agréable. Le jeu se charge de la gestion des priorités, PJ et PNJ confondus. On ne joue donc pas en alternance chacun son tour, mais au fur et à mesure de la disponibilité des caractères. Il est possible de voir sur une frise en bas de l’écran leur ordre de passage, un code couleur permettant de distinguer alliés et ennemis. Il est aussi possible de revenir un ou plusieurs coups en arrière en cas d’erreur, un vrai confort en termes d’expérience utilisateur.

Vue en 3D isométrique
La même scène vue de dessus en 2D

Tactical of Cthulu

On déplace chaque personnage dans la zone de combat, matérialisée par de beaux décors quadrillés. Une commande permet d’attaquer un ennemi à côté, ou à distance en fonction de l’arme équipée, avec un score de dégât et un pourcentage de touche. Pourcentage pouvant varier en fonction du côté par lequel vous attaquez – être lâche est récompensé, il est recommandé d’attaquer dans le dos.

Chaque personnage a bien sûr différentes caractéristiques qui influeront sur la puissance et l’issue de chaque coup, et qui dépendent de différents paramètres dont son niveau. Le niveau étant celui de la classe du personnage (guerrier, archer, etc) et non du personnage lui-même. Par exemple si vos guerriers sont de niveau 7, un nouveau guerrier sera obligatoirement niveau 7.

Tous les personnages d’une même classe sont-ils donc identiques ? Non, car en plus de classiques points d’expérience pour faire augmenter les niveaux, les combats permettent de gagner d’autres types de points qui permettront d’acquérir des talents divers et variés, pour maîtriser certains types d’armes, ou de magies, ou d’aptitudes à se défendre ou à esquiver ou à augmenter le pourcentage de réussite des coups ou encore d’aptitude spéciales et n’en jetez plus la cour est pleine.

Les magiciens peuvent être spécialisés dans certains types de magie, ou au contraire rester généralistes. Sachant qu’utiliser une aptitude permet d’augmenter son niveau, il vaut mieux se concentrer sur quelques aptitudes pour les améliorer efficacement plutôt que de se disperser.

Il faudra aussi penser à développer au moins un soigneur, et quelques experts en combat à distance.

Tactics Ogre : déplacement sur la carte du monde

Que dire d’autre ? Il est possible de débloquer des coups de grâce, de fabriquer des objets, de se lancer dans le trafic de monstres (en les capturant pendant les combats pour les revendre aux enchères ensuite) et sans doute encore d’autres raffinements qu’il me reste à découvrir car vous l’aurez compris le système est très riche, compliqué sans être complexe.

Au-delà des combats, il faut régulièrement prendre des décisions pendant les scènes intermédiaires, ce qui influe sur le déroulement de l’histoire. Des choix sympathiques, par exemple vaut-il mieux tuer d’innocents villageois afin de faire progresser notre cause ou les épargner au détriment de la stratégie de nos alliés et être considéré comme un rebelle, alors pourchassé de tous ?

Tout cela s’enchaînant très naturellement, on a toujours envie de jouer un coup supplémentaire, puis finalement de terminer le combat, puis en commencer un autre pour faire progresser certains membres de l’équipe, puis avancer dans l’histoire principale. Bref : ce jeu est addictif, comme tout bon tactical digne de ce nom.

Et c’est pourquoi, après bientôt trente heures déjà fort plaisantes (oui, je n’ai pas pu m’empêcher de faire quelques parties depuis que j’ai commencé à écrire ce texte), non seulement j’ai envie de continuer pour développer mes personnages et avancer dans l’histoire, mais en plus j’ai le plaisir de découvrir de nouvelles subtilités qui relancent encore l’intérêt du jeu.

Les cinématiques utilisent le même moteur graphique que les combats

Conclusion

Tactics Ogre, moins connu que Final Fantasy Tactics, est l’un des meilleurs tacticals RPG jamais créés. Beau, maniable, profond : il a tout pour plaire.

Bien que sa richesse puisse faire peur à première vue, la montée progressive de la difficulté permet de se familiariser en douceur avec les différentes mécaniques de jeu.

La PSP est une console qui peut paraître désuète, mais ceux qui en possèdent encore une devraient absolument essayer ce titre, encore facilement trouvable à prix raisonnable.

Pour les amateurs du genre qui ne le connaitrait pas encore, il justifie pour moi de rechercher en occasion la petite portable de Sony afin d’y jouer. Un grand classique, incontournable.

J’aimeJ’aime pas
Maniabilité exemplaireBatterie PSP : la console s’arrête sans prévenir
Profondeur de jeuEn 3D isométrique, impossible de faire pivoter la scène
Progression équilibrée

NOTE : Tacticalamity Jane / 20

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