Tout commence à Paris

Disponible depuis un mois en accès anticipé, The Architect : Paris misait sur des promesses alléchantes pour séduire les amateurs de City Builder. Mais le cadre parisien a-t-il ce qu’il faut pour transformer ce flirt innocent en amour durable ?

Vivre à Paris, végéter ailleurs…

Sur le papier, le soft posait un argument alléchant : la possibilité de customiser absolument tous les bâtiments du jeu. Gage de qualité : les développeurs d’Edono Games sont issus du monde de l’architecture, et ils affichent l’ambition de rendre au jeu vidéo les outils qu’ils lui ont emprunté dans leur propre profession. Et qui n’a jamais rêvé de pouvoir modifier les bâtiments génériques de sa ville idéale ?

On attendait donc énormément l’esthétique du jeu au tournant. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’un soin tout particulier a été apporté à cet aspect dès l’écran titre : les toits de Paris, très joliment dessinés, laissent apparaître la ville en arrière-plan, dans un style qui n’est pas sans rappeler celui des impressionnistes. L’ambiance du titre, soutenue par une musique moderne et apaisante, est déjà posée. C’est donc sur une très bonne première impression qu’on lance sa première partie.

Une fois choisi le nom et le logo de son cabinet d’architecte, un rapide menu nous invite à nous plonger dans notre premier quartier parmi les quatre disponibles : Notre-Dame, Monnaie, St-Germain-des-Prés et Saint-Germain-l’Auxerrois. Une cinématique d’accueil permet d’éviter l’ennui du temps de chargement et on arrive alors dans l’une des deux principales vues du jeu. Le quartier est alors entièrement modélisé, tandis que les zones adjacentes se présentent sans textures, tout en laissant apparaître les différents types de bâtiments sous la forme d’un code couleur.

Ajoutez deux lettres à Paris : c’est le paradis

Découvrir le soin du détail apporté aux bâtiments de Paris constitue l’occasion de se familiariser avec les différents mouvements de camera, ainsi que les réglages lumières et météo. L’effort de modélisation accompli par l’équipe risque d’en souffler plus d’un, et notamment les habitués des lieux, tout contents d’aller constater le rendu des lieux qui leur sont familiers. Mais très vite, un indicateur lumineux nous invité à cliquer sur un îlot pour entrer dans le cœur du jeu : l’éditeur de bâtiments.

C’est en effet dans cette vue que le joueur va passer l’essentiel de son temps, à organiser les différentes parcelles et choisir quel type de bâtiment il va y construire. Et dans les deux cas, les possibilités sont innombrables.

Les parcelles se réorganisent à loisir, que ce soit en les fusionnant, les divisant, ou carrément en les redessinant de zéro, que ce soit à la main ou à l’aide des outils géométriques mis à disposition par le soft. On peut aussi choisir de simplement ignorer cette étape et de modifier l’îlot sur la base des parcelles pré-existantes, mais ce serait se priver d’une partie fondamentale des possibilités du jeu.

Une fois satisfait de l’agencement, vient le moment d’attribuer une fonction à chacune des parcelles : place, parc, parking ou l’un des innombrables édifices du jeu. Et c’est dans cet éditeur qu’on va comprendre le principal intérêt du soft : non seulement le choix de bâtiments est gargantuesque, mais chacun d’eux est personnalisable à l’envi : façade, nombre d’étage ou toit, chaque aspect de chaque édifice possède plusieurs options qui, une fois combinés, donnent le vertige tant les possibilités sont innombrables. Et quand on réalise les ambitions liées au modding sur le soft, il y a fort à parier que la tendance ne s’inversera pas avec le temps. On se retrouve ainsi à tester les différentes combinaisons architecturales et à les observer sous toutes coutures en modifiant les caractéristiques de luminosité, pour varier le point de vue des architectes en herbe sur leurs créations.

Pour ne pas se perdre dans cet éventail de possibilités, les développeurs ont prévu un système de tri entre les différents bâtiments, que ce soit au niveau du style architectural ou de la fonctionnalité du bâtiment. Il est même possible de placer ses créations dans une section « favoris » pour celles qu’on compte réutiliser fréquemment.

Le tout est agrémenté d’une bande son discrète mais très plaisante qui correspond très bien à l’ambiance posée et contemplative du jeu. Le plus curieux pourront également profiter des très nombreuses notes des développeurs concernant les différents monuments : on sent un fort souci du détail pour respecter l’héritage culturel de la ville-lumière.

Paris sera toujours Paris. Qu’est-ce que tu veux qu’il fasse d’autre ?

Mais si l’on peut passer des heures dans l’éditeur à customiser ses bâtiments et optimiser ses quartiers, de nombreux joueurs vont cependant finir par se demander dans quel but ils se livrent à cette activité. Et c’est là que le bât risque de blesser : il n’y a actuellement aucun objectif autre que celui qu’on va bien vouloir se fixer soi-même. Et si l’éditeur de bâtiments est hors du commun, la plupart des options classiques de City Builders sont absentes : pas de gestion du système routier, de l’énergie ou des infrastructures ; aucun compte de la population ou de gestion du budget : le jeu est entièrement dédié à l’architecture des îlots et à leur harmonisation esthétique. Cela conviendra à certains, mais beaucoup moins à d’autres, et il s’agit de savoir où l’on met les pieds.

On est donc face à un jeu essentiellement créatif de type « bac à sable architectural » sans composante ludique pour stimuler le joueur. On serait donc en droit de se demander s’il s’agit là d’une caractéristique liée à l’early access. Les développeurs ont indiqué sur Steam avoir exploré les pistes des City Builder classiques et les avoir trouvées insatisfaisantes. A terme, ils semblent plutôt se diriger vers un système de succès et de missions pour agrémenter les parties dans le futur.

Pour rassurer les joueurs sur le sujet de l’early access, Edono Games propose une roadmap accessible ingame qui indique les mises à jour du jeu jusqu’en juin, comprenant notamment de nombreux quartiers et édifices, un mode photo, la possibilité de mod ou de partager des quartiers. L’intention est clairement de favoriser l’échange communautaire autour du jeu.

Autre point noir qu’il convient de souligner : si le jeu est extrêmement agréable une fois pris en main, différents aspects manquent de clarté dans le tutoriel ; nul doute que le temps viendra combler ces lacunes, mais on se sent parfois frustré de ne pas pouvoir accomplir une action pour découvrir plusieurs heures plus tard comment la réaliser.

Au final, The Architect : Paris porte bien son nom : un bac à sable d’architecture au concept unique, qui n’a de City Builder que la référence et le potentiel, mais compense avec une personnalisation esthétique encore jamais vue. Il saura ainsi parfaitement combler ceux qui préfèrent l’aspect Builder à l’aspect Simulation d’un Sim City ou d’un Skyline.

EN RESUME

  • un éditeur de bâtiment impressionnant
  • un concept original
  • une modélisation de Paris aux petits oignons
  • un prix « early access » très abordable
  • ambiance graphique et sonore très agréable
  • des « funs facts » très sympa sur Paris
  • pas d’aspect « gestion » typique des city builders
  • pas d’objectifs de jeu
  • un tutoriel minimaliste

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